dimanche 15 avril 2007

Le Pérou est un pays assoiffé.


UNE RESSOURCE QUI S’ÉPUISE

Dossier de El Comercio

La disparition des glaciers est synonyme de sècheresse dans le pays.


Les glaciers fondent, les pluies se font rares et la consommation de cette ressource augmente. L’avenir est peu encourageant. Sommes-nous préparés ?
Par Nelly Luna et Martín Huancas


Le dieu de la nation wanka agonise. Sa peau blanche, éternelle, impeccable, a commencé à disparaître pour faire place à une couleur sombre et triste. Se sont les hommes qui ont blessé à mort ce géant de glace, l’Huaytapallana, il faudrait un miracle pour qu’il s’en rétablisse.

Des études faites par le Conseil National de l'Environnement (Conam) indiquent que 54 mètres de glace ont disparu entre 1990 et 2000, mesurés depuis la ligne de base originale du glacier. Aucune autre mesure n’a été faite ces dernières années, mais il suffit seulement de lever les yeux vers la montagne pour se rendre compte de son agonie.

L’experte de l'Institut de Recherches pour le Développement Technologique, Carmen Tazza Marin, assure que les glaciers tels le Huaytapallana, aux superficies réduites et situés sous les 5500 mètres d’altitude disparaîtront avant 2015, si les conditions climatiques actuelles se maintiennent.

Pour l'ingénieur Hernán López Cabrera, sous gérant de la gestion environnementale de la région Junín, seule une autorité autonome peut garantir l'utilisation rationnelle des ressources hydriques dans le cadre national.

Le Coropuna, à Arequipa affronte une situation semblable. Ce glacier, dont les eaux irriguent la pampa de Majes, a été réduit de moitié au cours des cinq dernières décennies. Un rapport de la BBC de Londres indique que toute la masse de glace fondue depuis 1970 équivaut environ à sept milliards de mètres cube d'eau : la consommation d’eau de Lima pendant dix ans.

L'Unité de Glaciologie et des Ressources Hydroliques de l'Institut National des Ressources Naturelles (Inrena) surveille les glaciers de la Cordillère Blanche, à Áncash, le glacier du Sulcón, dans la Cordillère Centrale, et le Vilcabamba, à Cusco. Le chef de cette unité, Marco Zapata, soutient qu'entre 1948 et 1966 le recul des glaciers était en moyenne de huit mètres par an, alors que depuis les dernières 30 années il dépasse les 20 mètres par an. Nôtre glacier emblématique, le Pastoruri, à Huaraz, a perdu 38% de sa surface. A ce rythme, le Pérou sera contraint d’oublier ses glaciers.


Posté par courrierdesandes à 16:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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