jeudi 12 juillet 2007

Une des Sept Nouvelles Merveilles du Monde du Crime, de la Corruption et du Cynisme

Réaction du directeur de Peru21 :

Poursuivons nos efforts pour ramener l'extradable.

gr_director2 La justice de ce même pays qui s’est battue pour que le criminel et voleur Augusto Pinochet soit jugé au Chili, a décidé hier, en première instance, qu’un autre criminel et voleur, Alberto Fujimori, ne soit pas extradé pour répondre devant les tribunaux péruviens –se serait la moindre des choses- des lourdes charges qui pèsent contre lui.

Les fujimoristes ont raison de se réjouir du jugement du juge Orlando Álvarez. S'ils le lisent, dans plusieurs de ses 99 pages ils pourraient se tromper et croire qu'il s'agit de la défense du fugitif.

Ce document constitue un hymne à l'impunité. Il ne nie pas les infractions et les crimes imputés à Alberto Fujimori, mais il soutient qu’il n'était pas au courant de ces derniers.
Qui peut croire, dans ce sacré saint jugement, qu'un président si méticuleux dans le suivi des actions de son gouvernement, et qui pendant presque tout son régime a physiquement cohabité avec son partenaire Vladimiro Montesinos dans le SIN, (Service National d’Intelligence) n'était- pas au courant ?

Quelqu'un peut douter que Fujimori ignorait la corruption de juges, de congressistes, de militaires ou de journalistes ? Ou bien encore,  n'a-t-il jamais demandé à son partenaire, pendant toutes ces années, ce qui s’est passée à Barrios Altos et à la Cantuta ? Ni même avant de décorer les assassins, qui ont révélé, qui plus est, que Fujimori était au courant de tout ?

L’énorme distance qui sépare l’avis de la procureur Mónica Maldonado, pour laquelle il existe des antécédents largement suffisants pour que Fujimori soit jugé au Pérou, et celui du juge Álvarez, qui ne trouve aucun indice, permet de spéculer légitimement sur l'existence d'une interférence politique dans la décision rendue publique hier, et qui n’indigne que les opposants de l'impunité.

L'influence politique est tellement évidente, qu’il ne reste plus qu’à renouveler les efforts pour l'étape finale de la procédure d'extradition, ce qui doit impliquer une action déterminée du gouvernement. Sans cesser de préserver les conditions pour un jugement neutre dans les tribunaux péruviens, celui-ci ne peut pas négliger qu'il représente l'État qui sollicite l'extradition. Ce procès peut-il se faire corrompre par le gouvernement d’Alan García ?

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Posté par courrierdesandes à 21:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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